Interdiction de marché à bétail « parallèle » à Fada N’Gourma

A compter du dimanche 15 octobre 2023, le marché à bétail régional de Fada N’Gourma ne se tiendra, effectivement, que les dimanches de 6 heures à 17h 30 mn. Finies les transactions qui avaient cours du lundi au samedi, au bénéfice supposé des terroristes et alliés.

Originellement, le marché à bétail de Fada N’Gourma est programmé pour se tenir le dimanche, avec ouverture cependant de ses portes pour le bétail, la veille samedi, à partir de 17h 30. Cette disposition n’a plus cours depuis dimanche 15 octobre dernier, en raison de pratiques jugées inquiétantes au vu de la situation sécuritaire.

En effet, depuis un certain temps, le marché régional à bétail de Fada N’Gourma, se tenait officieusement du lundi au samedi et, officiellement le dimanche. Personne ne se prononce sur la date du début de ce marché à bétail dit « parallèle », les usagers du marché à bétail sont en revanche unanime pour lier cette pratique de « marché parallèle » au flux de personnes déplacées internes (PDI) dans la ville de Fada N’Gourma.

Ainsi que l’indique Kolado Maiga, le président de la fédération des marchés à bétail de la région de l’Est, « c’est un marché qui a été créé par les PDI. Ceux qui viennent par exemple de Tanwalbougou où le marché se tenait les mercredis, le mercredi ils disent que c’est le marché de Tanwalbougou et ils viennent vendre leur bétail ; et il en est ainsi pour les PDI de Natiaboani, de Matiacoali, etc, chacun a reconduit son jour de marché à Fada ». Selon lui, « la confusion est venue de là ».

Kolado Maiga, le président de la fédération des marchés à bétail de la région de l’Est

Il y a surtout que les transactions officieuses qui ont cours du lundi au samedi sont hors de tout contrôle, contrairement à celles opérées le dimanche dans le cadre officiel. Kolado Maiga soutient « au niveau des courtiers, tout est propre. Chaque courtier connait le propriétaire des animaux qui lui sont confiés et a le droit de connaitre l’acquéreur à partir du reçu de vente. Ce sont des opérations traçables ».

Le problème est que la pratique qui avait cours du lundi au samedi, fait désordre et, dit Kolado Maiga, « nous nous sommes entretenus avec les autorités, puisque ces marchés inquiètent beaucoup. On dit que c’est un marché où les terroristes mêmes viennent vendre leurs animaux ou confient la vente à d’autres personnes ».

Les autorités ont donc décidé l’arrêt de ce marché parallèle. Le marché à bétail ouvrira uniquement le dimanche, de 6h à 17h30. L’accès au marché est même interdit le samedi soir comme il était d’usage. Parce que, confie Kolado Maiga, « avant, les animaux avaient accès au marché le samedi soir sur le cours de 17h – 17h30, et certaines personnes commençaient les transactions nuitamment ». En accord donc avec les autorités, le marché à bétail ouvrira le dimanche à 6h et fermera ses portes à 17h 30. Aucun animal ne sera embarqué au-delà de 17h 30.

Le statut régional du marché à bétail mis à mal par l’insécurité

« Aujourd’hui, si on veut vous citer les localités qui arrivent à approvisionner le marché à bétail de Fada N’Gourma, nous avons menti ». Aveu de Kolado Maiga, le président de la fédération des marchés à bétail de la région de l’Est. Il explique : « à l’exception de Diabo, Tibga et Manni dans la Gnagna, tous les marchés, au niveau de la région, sont fermés. Les éleveurs se réunissent pour collecter chacun, 2 à 3 têtes pour former un troupeau et recruter des bergers pour le conduire au marché à bétail de Fada N’Gourma ».

L’impact de l’insécurité se ressent ainsi à deux niveaux, raconte Kolado Maiga : « au niveau du nombre de tête et du revenu, nous le sentons. Tout a changé. Avant, pour un seul jour, on pouvait avoir 2.000 à 2.500 têtes, dans le marché de Fada N’Gourma et on pouvait tout évacuer. Aujourd’hui, ça ne va pas. Quand on a 1.500 têtes, c’est trop. Avant, les Nigérians venaient, les Nigériens, les Béninois, les Ivoiriens et les Ghanéens aussi ; les Togolais ont arrêté il y a 4 mois parce que chaque fois, on les intercepte en cours de route et on retire tout ce qu’ils ont. Avant, on pouvait compter 15 à 20 camions à l’embarquement, pour le seul Nigeria, sans compter ceux qui sont là pour Ouaga, le Bénin ou le Togo. Et je parle de camions remorques qui peuvent embarquer 45 à 50 têtes ».

Ne restent donc que les clients nationaux pour l’approvisionnement des marchés de Pouytenga et Ouaga. Le marché à bétail de Fada N’Gourma à bel et bien perdu son statut sous régional.

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